AFRO

18 avril -> 16 juin 2018

Ragazzo col tacchino, 1955 Technique mixte sur toile, 144 x 144 cm. ©Fondazione Archivio Afro

Une forme picturale peut-elle avoir également une valeur d’apparition ? L’organisme résolument formel d’une peinture peut-il contenir la légèreté, le souffle d’une évocation, le tressaillement inattendu de la mémoire ? C’est là qu’est le problème, à mon avis. C’est cette inquiétude continue qui me pousse à peindre. Le tableau doit être un monde fermé, et le drame ne peut se dérouler qu’à l’intérieur de ce monde. C’est le seul échiquier sur lequel il est possible de perdre ou de gagner définitivement. Afro, New Decade, 1955

Tornabuoni Art Paris est heureuse d’annoncer l’exposition la plus complète jamais réalisée en galerie, dédiée à Afro Libio Basaldella (1912-1976), plus connu sous le nom d’Afro. Un catalogue accompagne l’exposition, réalisé sous la direction de Philip Rylands, Directeur Émérite de la Collection Peggy Guggenheim à Venise, qui s’exprime également sur l’artiste dans le catalogue.

 

À l’occasion des 60 ans de la fresque monumentale d’Afro, Le Jardin de l’Espérance, créée pour  l’UNESCO à Paris, Tornabuoni Art présentera une rétrospective inédite dédiée à l’artiste dans sa galerie parisienne, en plein cœur du Marais. Une sélection des chefs-d’œuvre de l’exposition sera ensuite exposée chez Tornabuoni Art à Londres en octobre 2018.

 

Né à Udine en 1912, dans une famille d’artistes et de décorateurs, le nom original d’Afro lui fut donné par ses parents patriotes en l’honneur de la récente colonisation par l’Italie de la côte libyenne au nord de l’Afrique. Après des études à Venise, Afro devint rapidement – dès 1930 – un membre important de l’École de Rome, un groupe de peintres tonalistes dont le style expressionniste contrastait avec le retour à l’ordre néoclassique qui prévalait à l’époque. À partir des années 1950, il voyage aux États-Unis et développe un style abstrait, mélangeant influences américaines avec — comme Philip Rylands l’écrit dans le catalogue d’exposition — la grande tradition italienne de la couleur et de la ligne.

 

Avec Alberto Burri et Lucio Fontana, Afro est aujourd’hui considéré comme un exemple important  de l’art abstrait italien. Il explore initialement l’abstraction en termes formels – se concentrant sur la forme, la couleur et la composition. Cependant, il développe par la suite une démarche selon laquelle l’œuvre elle-même doit incarner l’émotion, et pas seulement la représenter. Les travaux d’Afro sont souvent autobiographiques, s’inspirant de souvenirs plus ou moins lointains, réévoqués après l’événement afin de permettre à l’instant d’être rappelé par ses sens plutôt que comme des images mentales. Avec le temps, le souvenir du moment devient couleur et sentiment pour Afro. Cela se ressent particulièrement avec des œuvres comme Estate nell’Orto (Été dans le potager), 1955, où la couleur et le mouvement de la peinture engagent les sens du spectateur et évoquent le sentiment d’une expérience passée imprégnée de nostalgie.

 

Cette exposition, réalisée en collaboration avec la Fondazione Archivio Afro, présentera plus de 50 pièces réalisées entre les années 1950 et 1970, et la dernière salle d’exposition sera entièrement dédiée aux dessins préparatoires de la fresque monumentale Le Jardin de l’Espérance.

 

Ces dessins, outre leur relation avec la fresque de l’UNESCO, sont d’un grand intérêt car ils illustrent clairement la manière dont Afro exprimait et rassemblait des éléments d’œuvres passées et les réorientait dans ce Magnus opus.

 

L’exposition présentera également des pièces majeures comme Racconti di Guascogna (Contes de Gascogne) 1951, et Ragazzo col Tacchino (Garçon avec Dindon) 1955, qui montrent comment la plus symbolique représentation d’objets et de figures par Afro devient une forme d’abstraction purement expressive et émotive. 

 

Philip Rylands considère Afro comme la réponse de l’Italie à l’expressionnisme abstrait et un exemple des dialogues artistiques fertiles entre l’Italie et les États-Unis dans la période de l’après-guerre. Dans la préface du catalogue, il écrit :

 

Afro fut l’un des peintres les plus emblématiques de la talentueuse génération d’artistes qui se développa au cours des décennies qui suivirent la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il était aussi célèbre à l’étranger (notamment aux États-Unis) qu’en Italie ; sa carrière et son œuvre représentent un cas d’étude intéressant sur les valeurs de l’art européen et américain de cette période. 

 

Le catalogue d’exposition contient également une étude de la fresque de l’UNESCO et ses dessins préparatoires par Anne Montfort, Conservatrice au Cabinet des arts graphiques du Musée national d’art moderne, Paris, une analyse du travail de l’artiste et sa relation avec les artistes du mouvement expressionniste abstrait américain par Barbara Drudi, Professeure à l’Accademia di Belle Arti de Florence, et un texte par Davide Colombo, Professeur d’Histoire de l’Art à l’Université de Parme. La publication est enrichie de documents originaux, dont des correspondances de l’artiste, ainsi qu’une sélection de textes critiques pour la plupart traduits en français et en anglais pour la première fois.

 

En octobre 2018, une vingtaine d’œuvres de l’artiste seront exposées chez Tornabuoni Art à Londres, dans le but d’encourager le public anglo-saxon à en apprendre davantage sur l’art expressionniste abstrait italien, dont le travail est rarement exposé en Grande-Bretagne.

AFRO, 18 avril -> 16 juin 2018
Tornabuoni ArtPassage de Retz, 9 rue Charlot, 75003 Paris
Du mardi au vendredi de 10h30 à 18h30 Le samedi de 11h à 19h Le lundi sur rendez-vous
Tornabuoni Art

Passage de Retz, 9 rue Charlot 75003 Paris
Tel : 01 53 53 51 51
Mail : info@tornabuoniart.fr

Site : Tornabuoni Art

Du lundi au samedi de 10h30 à 18h30

Plus sur cette galerie

Publié le : 22 mars 2018

Tags :

##AFRO #AFROExhibition #TornabuoniArt

#Afro

#Tornabuoni Art

#Afro Libio Basaledella

En ce moment

Toute la programmation