Agnès Varda

UNE CABANE DE CINEMA : La serre du Bonheur // 14 avril -> 31 mai 2018

La Galerie Nathalie Obadia est très heureuse de présenter UNE CABANE DE CINEMA : La serre du Bonheur, la troisième exposition personnelle d’Agnès Varda à la galerie. L’artiste a construit une serre dont les parois et les verrières sont faites des (vraies) pellicules 35 mm d’une copie de son film Le Bonheur (réalisé en 1964). A l’intérieur, poussent de (faux) tournesols. La serre du Bonheur est sa cabane la plus récente après celles présentées à la Fondation Cartier pour l’Art Contemporain (Paris, 2006) puis à la Biennale de Lyon (2009) et au LACMA (Los Angeles, 2013), toutes réalisées à partir de pellicules de films différents.

La cabane du film Le Bonheur d’Agnès Varda, 2017

Pour moi la nostalgie du cinéma en 35mm s’est transformée en désir de recyclage...
Je bâtis des cabanes avec les copies abandonnées de mes films. Abandonnées parce qu’inutilisables en projection.
Devenues des cabanes, maisons favorites du monde imaginaire.

A l’époque, les copies de films arrivaient dans les cabines de projection sous forme de 5 à 8 boîtes de métal, rondes comme
des galettes de 4 centimètres d’épaisseur. Dans chaque boîte, une bobine en métal sur laquelle était enroulé un grand ruban
de 5 à 600 mètres de pellicule : c’était le film en images avec sur le côté le dessin optique du son. Le projecteur de la cabine
avait deux lampes, l’une transmettait l’image, l’autre le son.
De nos jours, le support de chaque film est un fichier numérique, image et son, qui pèse en moyenne 200 grammes quand il
n’est pas dématérialisé. On a jeté un peu partout des quantités de bobines et de pellicules...

Pour mes films et ceux de Jacques Demy on s’est retrouvés avec des copies et des copies, dont les salles de cinéma ne veulent
plus.
On sait que je m’intéresse au glanage et au recyclage.

C’est la troisième cabane que je construis.
Pour chacun de mes films j’imagine une forme particulière.
Le film Le Bonheur contait l’histoire d’un couple heureux, incarné par Jean-Claude Drouot, sa femme et ses enfants.
Ils aimaient les pique-niques. J’avais tourné en Ile-de-France en pensant aux peintres impressionnistes.
On entendait du Mozart.
Le générique était tourné près d’un champ de tournesols, ces fleurs d’été et de bonheur.

Cette serre avec ses doubles fenêtres si particulières est fabriquée avec une copie entière du film, 2159 mètres,
qui permettront de compléter la construction.
Les visiteurs pourront entrer dans la cabane et voir de plus près, les images du film en transparence. 24 images de la douce
Claire Drouot valent une seconde de film. On est entourés par la durée du film et par les images d’un temps passé.

Quant aux boîtes pour transporter les bobines elles sont devenues obsolètes.

J’aime ces boîtes. Je me souviens qu’on en trimballait des masse (une centaine au moins) qui tintaient quand on les jetait dans
les coffres de voiture pour aller mixer les films. Des boites pour l’image, pour les dialogues en direct, pour les musiques,
pour les bruits...
Est-ce encore nostalgie et/ou recyclage ?
Une arche royale nous fait entrer dans la salle. Elle est faite de ces boîtes... vides maintenant.

On entre dans le royaume de la seconde vie des films.


Agnès Varda

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Agnès Varda est née en 1928 à Bruxelles (Belgique). Elle vit et travaille à Paris.

Baccalauréat. Cours du soir de photo. Auditeur libre à la Sorbonne et à l’Ecole du Louvre. Photographe au Festival d’Avignon puis au T.N.P. dirigé par Jean Vilar. Ecrit, réalise et produit son premier long-métrage en 1954, La Pointe courte. Cléo de 5 à 7 (1961) est unanimement salué. Ensuite alterneront courts et longs métrages, documentaires et fictions, parmi lesquels Le bonheur (1964, Ours d’Argent à Berlin), Sans toit ni loi (1985, Lion d’Or à Venise), Les Glaneurs et la Glaneuse (2000), Les Plages d’Agnès (César 2009), Visages Villages co-réalisé avec l’artiste JR (2017, sélectionné aux Oscars 2018).

2003 PATATUTOPIA à la Biennale d’Art de Venise.
Expositions personnelles, 2006 L’ILE ET ELLE à la Fondation Cartier pour l’Art Contemporain (Paris, France), 2009 LA MER... ETSETERA au Centre Régional d’Art Contemporain Languedoc-Roussillon (Sète, France), 2012 Y’A PAS QUE LA MER au Musée Paul Valéry (Sète, France), PLAGES ET PAGES CHINOISES au CAFA Museum (Pékin, Chine), 2013 AGNES VARDA IN CALIFORNIALAND au LACMA (Los Angeles, USA), 2015 AGNES VARDA : PHOTOGRAPHS GET MOVING (potatoes and shells, too) au Logan Center (Chicago, USA), 2016 VARDA/CUBA au Centre Pompidou (Paris, France), PATATES & COMPAGNIE au Musée d’Ixelles (Bruxelles, Belgique), 2017 VARDA CUBA au Musée National des Beaux Arts de Cuba (La Havane).

2015, Palme d’Or d’honneur du Festival de Cannes. 2017, Oscar d’honneur, pour l’ensemble de son œuvre.

L’oeuvre d’Agnès Varda est présente dans de nombreuses collections internationales : Centre d’Art de Chamarande (France), Fondation Cartier pour l’Art Contemporain (France), FRAC Alsace (France), MoMA (USA), CNAP (France), MAC/VAL (France), Musée Paul Valéry (France), CAFA Art Museum (Chine), Institut Culturel Bernard Magrez (France), LACMA (USA).

Agnès Varda, 14 avril -> 31 mai 2018
Galerie Obadia18, rue du Bourg-Tibourg, 75004 Paris
mardi - samedi 11h - 19h
Galerie Obadia

3 rue du cloître Saint-Merri 75004 Paris
Tel : 01 42 74 67 68
Mail : info@nathalieobadia.com

Site : Galerie Obadia

Du lundi au samedi de 11h à 19h

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Publié le : 4 avril 2018

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