Au bout du plongeoir, le grand bain

2 juin -> 1 août 2020

En écho à l’avenir fragile de notre environnement, la Galerie Binome propose d’apprécier l’horizon contemporain depuis trois points de vue artistiques comme autant de paysages perçus en regard de la profondeur de nos mémoires. Entre exaltation salvatrice et appréhension critique, les œuvres de Laurence Aëgerter, Anaïs Boudot et Douglas Mandry abordent par le prisme du medium photographique, la thématique de l’eau, cet élément fondamental de la vie, comme la rencontre de la nature et de la technologie à l’ère de l’anthropocène.

Faire état de ce qui a été et de ce qui advient. Douglas Mandry puise ses images dans l’iconographie du siècle dernier. Il transfère par procédé lithographique des photographies de montagnes enneigées des années 30-40, à même les “couvertures de glacier” usagées, aujourd’hui employées en Suisse pour tenter d’en ralentir la fonte. Qui du linceul fait le deuil d’une époque mythique, qui de la couverture de survie en tente une conservation par le “high-technology”, la série Monuments porte les stigmates de nos rêves rattrapés par leurs excès.

Sous la forme de tapisseries Jacquard, Laurence Aëgerter propose quant à elle d’extraordinaires scènes de baignade, des corps en suspension vus en contre-plongée depuis les fonds marins. Tissées de fils phosphorescents, les tapisseries de la série Longo Mai résistent longtemps encore* même plongées dans l’obscurité. Les corps irradiés de ces nageurs-fantômes évoquent autant la mémoire brulante de ces moments d’extase que l’espoir de les voir perdurer; une ode à la vie préconisant le plaisir de l’instant.

Une vague de temps qui avance et se retire, une fraction d’images saisies parmi de multiples va-et-vient, c’est ce que décline encore Anaïs Boudot avec Le reste des vagues. Dans cette série de photogrammes tirés sur plaque de verres, les images sont travaillées dans les bains de chimie par couches de temps, d’eau et de lumière. Autour d’un même rocher, Anaïs Boudot crée des séquences de houle et d’écume dont la matérialité vaporeuse et scintillante est renforcée par des projections de peinture argentée. Ici, dans l’évidence de la perpétuelle inconstance de la mer, les vagues deviennent les fragments d’une prose hypnotique. Là, méandres et tourbillons restent encore lisibles à la surface des pierres érodées de la série Un rayon dans cette mer sur une Lune.

L’eau et la photographie disposent de cette fluidité à accompagner le mouvement de nos regards sur le monde et de nos incertitudes. Depuis le plongeoir, évaluant l’échelle du macro et du micro, pondérant les époques et l’instant, elles semblent bien précieuses en leur propension à accueillir nos projections...


* Longo mai : “longtemps encore” en langue occitane, locution signifiant “pourvu que ça dure”

 

Au bout du plongeoir, le grand bain , 2 juin -> 1 août 2020
Galerie Binome19, rue charlemagne, 75004 Paris
Du mardi au samedi De 13h00 à 19h00
Galerie Binome

19 rue Charlemagne 75004 Paris
Mail : info@galeriebinome.com

Site : galeriebinome.com

Du mardi au samedi de 13h à 19h

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Publié le : 9 juin 2020

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