Corentin Lespagnol, Silvana Reggiardo, Jacqueline Taïb

6 mars -> 13 avril 2019

Collections | Diffractions

Corentin Lespagnol, 2016, Turin, série Naturficial, impression jet d'encre pigmentaire sur papier Hahnemühle FineArt, 60 x 90 cm

Depuis qu’il pratique la photographie, Corentin Lespagnol, par ailleurs architecte,  a voulu expérimenter la spécificité première de ce médium, soit la prise en compte du réel, et la tentative de le transcrire, de l’appréhender au plus près.

Ma pratique est basée principalement sur une approche documentaire. Les objets, formes, traces, signes, les paysages urbains et naturels  photographiés deviennent autant de prétextes pour créer des collections sérielles qui servent de matière première à une lecture décomposée de la réalité. Cet important catalogue est aussi l'outil me permettant de chercher à capter ce que j'ai essayé de nommer '' l'ordre caché des choses '', intangible, poétique, fragile, qui me fascine et que je tente constamment de déchiffrer, de révéler.

Les fragments de temps, d'espace collectés, sélectionnés, puis assemblés et réorganisés constituent enfin les éléments propices à l’élaboration d’une fiction personnelle : une forme d'artificialité naturelle qui peut susciter chez l'observateur une ambiguïté quant à la perception des images proposées. Le choix, pour Corentin Lespagnol, de proposer un catalogage de points de vue soigneusement sélectionnés invite le spectateur à recréer sa vision des thèmes choisis.

 

A propos de Silvana Reggiardo

Etienne Hatt, Artpress, novembre 2018 (extraits)

‘…Outil de vision, l’appareil a cadré le réel, il a extrait des déambulations urbaines de la photographe ce fragment de vitrine à la pellicule adhésive partiellement arrachée. A la seule matière des rayures qu’a perçu l’oeil humain, l’optique mécanique a ajouté des diffractions colorées. En agrandissant ce fragment capté avec un objectif macro, le tirage a introduit un jeu perturbateur sur les échelles. Enfin, le verre de l’encadrement parasite le regard du spectateur par ses puissants reflets[… A la pseudo-transparence du médium photographique, Reggiardo oppose ainsi, littéralement et métaphoriquement, les réflexions et diffractions de la lumière qui constitue la matière première de la photographie. On pourrait sans doute le dire de toute l’oeuvre de cette Argentine née en 1967 et installée depuis son enfance en France tant le verre en est un motif récurrent. La photographe en exploite la capacité, par la réactivité de la matière à la lumière et à son environnement, à faire image. … A la différence des précédents travaux, la série Effet de seuil n’est pas régie par un protocole systématique et sériel…’

 

A propos de Jacqueline Taïb

Pierre Manuel, 2007 Entretiens de lAL/MA, éditions Méridianes (extraits)

 ‘…Jacqueline Taïb commence ses toiles par des relevés photographiques. Elle n’y cherche pas une image, ni un élément pittoresque, à peine quelques indices de lignes, de plans, de perspectives ; quelques zones de couleur y apparaissent, ainsi qu’une orientation virtuelle de l’espace….

Se révèlent aussi, dans cet usage minimal de la photographie, des virtualités de l’espace urbain : Non pas des bâtiments, des voies de communication, des architectures plus ou moins monumentalisées, du mobilier urbain…mais un ensemble de plans, de pleins, de vides, de points colorés, de directions et de dimensions dans lesquels s’enfonce et s’aventure le regard du peintre.

Le cadrage neutre, hasardeux et pourtant précis de la photographie a défait la scène urbaine ; le travail pictural défait la représentation close de la photographie, lui substituant un espace mental comme espace labyrinthique. Plutôt que des arêtes, des contours, des signaux, le tableau emboîte les pans, fond les couleurs, laisse l’oeil se perdre dans l’enchevêtrement des espaces. Ce qu’un premier regard pouvait prendre pour des repères, perd son évidence et finit par participer de l’étrangeté de ce réel. …’

Corentin Lespagnol, Silvana Reggiardo, Jacqueline Taïb, 6 mars -> 13 avril 2019
La FerronnerieGalerie La Ferronnerie, 75011 Paris
La Ferronnerie

40 rue de la Folie-Méricourt 75011 Paris
Tel : 01 78 01 13 13
Mail : bn.ferronnerie@gmail.com

Site : La Ferronnerie

Du mardi au vendredi de 14h à 19h et le samedi de 13h à 19h

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Publié le : 26 avril 2019

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