ED PASCHKE

Chicago Underground // 18 octobre -> 30 décembre 2018

La Galerie Suzanne Tarasieve, en présentant un ensemble d’une quinzaine d’œuvres d’Ed Paschke, disparu en 2004, fait plus qu’introduire une démarche originale et plurielle. Face à l’art globalisé d’aujourd’hui, Paschke se définit comme un artiste infatigable dont les recherches portent sur une longue période de l’art. Aussi son œuvre se comprend-elle comme l’énoncé d’une histoire différente de l’Amérique par rapport aux images positives et optimistes du Pop Art notamment. À travers ses œuvres, on entrevoit une chronique de la vie en société, principalement orientée vers les marginaux, et les classes pauvres à majorité noires. Comme s’il entendait réhabiliter tout un pendant de la société face aux images dominantes de l’american way of life. La mythologie de cette civilisation contrastée se retrouve évoquée par des compositions picturales plurielles et parfois surréalisantes.

Aussi Cadmium Signature (1979), une huile sur toile, résume à elle seule, l’énoncé d’une pratique, qui sera principalement picturale et rebelle.

 

De fait, cette exposition renforce et prolonge la programmation de la Galerie Suzanne Tarasieve, partant du fabuleux Sigmar Polke, jusqu'à ces peintres allemands, Immendorf, Lüpertz, qui proposent aussi une analyse très pointue de l’individu en société, et dans le siècle.

 

Dans l’exposition, on rencontre de très nombreuses figures. Encore une fois pas celles d’une Amérique blanche et dominante, mais d’emblée celles qui retracent avec justesse des destins individuels et des situations ambiguës (Tool World, 1990). Un grand nombre de personnages de race noire émergent dans une lumière étincelante, parfois fluorescente (Green red spring, 1998) dont les couleurs sont volontiers criardes. Les œuvres de Paschke ont un réel pouvoir d’évocation. Dans l’énoncé de la vie quotidienne et des contextes sociaux, elles se rapprochent du pouvoir critique de la photographie.

Matrix (1995) propose un face à face, une occasion de réintroduire l’image tutélaire du mythe américain.

Un autre personnage fantastique et exubérant présenté dans un incroyable dessin (Trapeeza, 1976), fait littéralement éclater la représentation : le personnage féminin semble se mouvoir dans un cadre géométrique. Les corps sexués ou androgynes occupent toute la surface du tableau. Un petit dessin, Jeu Jaune (1994), où apparaît un poisson, semble directement surgi d’une œuvre surréaliste, et d’un rêve éveillé. Dans Projectile (1995), l’artiste emploie la dérision et l’humour : dans un espace bleuté, un poisson se confronte à une artillerie de projectiles.

Ses images ont un réel impact visuel, porté par des visages expressifs au centre de la composition. Les situations, les chroniques intimes que dépeint Paschke s’adressent bien au plus grand nombre.

 

Jean-Pierre Bordaz

 

 

ED PASCHKE , 18 octobre -> 30 décembre 2018
Galerie Suzanne TarasievePASSAGE DE L’ATLAS / 5, VILLA MARCEL LODS, 750019 Paris
Ouvert du mardi au samedi de 14h à 19h & sur rendez-vous

A télécharger :

Galerie Suzanne Tarasieve

7 rue Pastourelle 75003 Paris
Tel : 01 42 71 76 54
Mail : info@suzanne-tarasieve.com

Site : Galerie Suzanne Tarasieve

Du mardi au samedi de 11h à 19h

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Publié le : 20 octobre 2018

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