FIAC 2018

Grand Palais : stand 0.C44 // 18 -> 21 octobre 2018

Pour l’édition 2018 de la FIAC, la galerie Catherine Issert propose un accrochage autour de l’abstraction géométrique et du monochrome, avec une sélection d’œuvres réalisées depuis les années quatre-vingt jusqu’à aujourd’hui.

Olivier MOSSET, CBGB, 1985 © François Fernandez, courtesy de l’artiste et de la galerie Catherine Issert

Point d’orgue de cette proposition, l’œuvre CBGB d’Olivier Mosset : cette peinture abstraite « construite » qui rend hommage au célèbre club new-yorkais underground CBGB OMFUG (Country Blue Grass Blues and Other Music For Uplifting Gormandizers) marque un tournant dans la pratique de l’artiste. Réalisée en 1985, cette imposante peinture de six mètres de long amorce sa rupture avec les Radical Painters américains à l’approche trop holistique du all-over ; Mosset considérant pour sa part la couleur comme pure donnée perceptuelle et objective1. Indiquant clairement cette distinction, Mosset donne dès lors des titres à ses œuvres et abandonne le monochrome au profit de toiles bichromiques2.

Avec CBGB, c’est l’histoire de la galerie Catherine Issert qui refait surface : en 1988, Olivier Mosset expose pour la première fois à Saint Paul de Vence aux côtés de John M. Armleder. Les voici de nouveau réunis pour la FIAC 2018, avec une autre œuvre emblématique : Furniture Sculpture (1994). Jouant sur l’objet-peinture, cette composition alliant chaises et tableaux peut être perçue comme le commentaire ou la conséquence de la domestication de l’art. Résolument post-moderniste, elle témoigne de la mutation de la figure abstraite autothétique et autocentrée vers un hybride mêlant culture populaire, savoirs industriels et histoire de l’art. Avec une douce ironie, John M. Armleder s’amuse ici d’une ambivalence entre sculpture et design ainsi qu’entre peinture et manufacture.

Datée de la même année, l’œuvre Signalisation - P de François Morellet n’est pas non plus dénuée d’ambivalence : deux néons rouge, pliés à un angle de 60° et composant la lettre P, résultent d’une délicate oscillation entre système et hasard. Diminuant le nombre de décisions subjectives dans son processus artistique, François Morellet laisse l’œuvre naître devant le spectateur, ainsi libre d’interpréter les signes qu’il y perçoit.

Avec son œuvre Electric Spiral (2000) réalisée au moyen d’un câble électrique et d’une lampe, Bill Culbert rappelle également que ce sont les relations entre sujet et objet qui conditionnent l’existence même de l’œuvre d’art. Son goût pour les matériaux de récupération, les déplacements de champs, les associations d’objets et d’idées donnent naissance à des œuvres à la poésie subtile, qui laissent place à l’imagination du spectateur.

Artistes les plus jeunes de cette sélection, Xavier Theunis et Cécile Bart racontent, au moyen de peintures murales réalisées spécifiquement pour la FIAC 2018, cette évolution du tableau en perpétuant ce qui fut radical autrefois par l’extension de son histoire : peinture-écran déconstruisant le fond et la forme chez Bart, composition autour du all-over jouant subtilement d’un entremêlement de références chez Theunis.

Par cette proposition, Catherine Issert rappelle que la peinture abstraite et ses variations créent depuis la fin du modernisme des « situations-limites » portées à la fois par le « faire » de l’artiste et par le regard spécifique que le spectateur porte sur l’œuvre. Ou comme le souligne Olivier Mosset, ces œuvres traitent de « ce moment où ce qu’on sait bascule dans ce que c’est, cette espèce de perte du savoir dans la matérialité3».

1 « Il ne doit, dans la peinture, rien n’y avoir ‘’au delà de ce qui est là’’» ; citation extraite de la notice de Maurice Besset pour le MAMCO
2 « Des ‘’compositions abstraites’’ donc, mais qui ne se laissent pas plus décomposer que les monochromes (il y a création de rapports, mais non d’harmonies de tons, il y a articulation de structures formelles, mais non formation d’images), et dont l’abstraction n’a rien à voir avec les figures et significations de l’art abstrait classique : Olivier Mosset la définit par la ‘’littéralité’’ et l’’’autonomie’’ de l’objet-peinture, dont l’évidence, qu’il soit mono ou polychrome, est celle, irréductible, du ‘’ready-made’’. » ; citation extraite de la notice de Maurice Besset pour le MAMCO
3 citation extraite de la notice de Maurice Besset pour le MAMCO

 

 

FIAC 2018, 18 -> 21 octobre 2018
Galerie Catherine IssertGrand Palais, 75008 Paris
Jeudi 18 octobre : 14h-20h Vendredi 19 octobre : 12h-20h Samedi 20 et dimanche 21 octobre de midi à 19h.
Galerie Catherine Issert

2 route des serres 06570 Saint-Paul
Tel : 04 93 32 96 92
Mail : catherine@galerie-issert.com

Site : Galerie Catherine Issert

Du mercredi au samedi de 10h30 à 13h et de 15h à 19h

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Publié le : 21 septembre 2018