Instead of Pieces, a Play

17 mai -> 16 juin 2018

Exposition personnelle de Rachel de Joode

Craig Schwartz: [en tant que Maxine Puppet] Dis-moi Craig, pourquoi aimes-tu les marionnettes ?

Craig Schwartz: [en tant que Craig Puppet] Et bien Maxine, je ne suis pas sûr. C’est peut être l’idée de devenir quelqu’un d’autre pour un instant. Être dans une autre peau — penser différemment, bouger différemment, ressentir différemment.

Craig Schwartz: [en tant que Maxine Puppet] Intéressant, Craig…

Extrait de Dans la peau de John Malkovich (1999), Réalisé par Spike Jonze, écrit par Charlie Kaufman



L’œuvre de Rachel de Joode évolue autour de la tension entre la surface plane de l’écran pixellisé et la surface tangible du corps poreux. Tandis que nombre de ses photographies prennent l’apparence de peau humaine ou de matière organique, en y regardant de plus près, notre œil finit par reconnaitre dans ces images des effets de matières réalisés à l’aide de matériaux d’art plastique élémentaires tels que l’argile ou les pigments, qui portent la trace de la main de l’artiste. Il existe dans l’œuvre de Rachel de Joode une oscillation entre la surface bi-dimensionnelle et sa corporalité tri-dimensionnelle. Les images — viscérales, physiques — s’appréhendent en ronde-bosse. Elles appartiennent à l’espace haptique dans lequel on fait l’expérience du toucher par le regard.

Cette confusion sensorielle s’applique également à l’approche de l’artiste à son médium. En effet, Rachel de Joode utilise la photographie comme outil de médiation pour exprimer son expérience physique de la matière. C’est également une manière pour elle de façonner ces matériaux selon son désir. Ainsi, ses image-objets ont un pouvoir ; elles deviennent des sujets. Elles se comportent comme d’autres mediums, brouillant ainsi les frontières de leur cadres. Jouant les sculptures, les tableaux, ou encore les tentures, elles sont pliées, superposées, imbriquées et pénétrées au mépris des attentes habituelles d’un lieu d’exposition. Cette performance de l’objet d’art s’étend au contexte de l’exposition elle-même et au rôle de Rachel de Joode en tant qu’artiste-protagoniste.

Au centre de l’exposition se tient un décor de galerie. Au sein de cette galerie dans la galerie se joue une pièce de théâtre dans laquelle des performers, habillés du costume de l’artiste — jeans, t-shirt blanc, perruque blonde et lunettes — présentent les objets exposées. Des bras sortent de trous découpés dans les parois du décor pour tenir les toiles photographiques et les petites figurines en céramique représentant l’artiste nue. En première ligne de cette distribution d’objets, les acteurs humains endossant le rôle d’artiste deviennent le système de fixation des œuvres, leur mains servant de crochets ou de socles dans un jeu qui est à la fois plein d’humour et mélancolique à en pleurer. En parallèle, les propres mains de Rachel de Joode pénètrent littéralement à travers les œuvres à la fois par leur représentation et par la trace qu’elles y laissent — car il s’agit, après tout, de choses fabriquées.

Alex Klein
 

Instead of Pieces, a Play, 17 mai -> 16 juin 2018
Galerie Christophe Gaillard5 rue chapon, 75003 Paris
du mardi au vendredi de 10h30 à 12h30 et de 14h à 19h le samedi de 12h à 19h

A télécharger :

Galerie Christophe Gaillard

5 rue Chapon 75003 Paris
Tel : 01 42 78 49 16
Mail : contact@galerie-gaillard.com

Site : Galerie Christophe Gaillard

Du mardi au vendredi de 10h30 à 12h30 et de 14h à 19h et le samedi de 12h à 19h

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geofield: 

Publié le : 16 mai 2018

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