Le grand Œil de Michel Tapié

27 octobre -> 22 décembre 2018

« Michel Tapié force les artistes au début de leur parcours, les collectionneurs et les marchands d’art qui commencent dans le métier, à une certaine admiration. C’est cette aura qui les pousse à attribuer à son œil un pouvoir déterminant leur carrière… » écrit Juliette Evezard. Après la FIAC, Applicat-Prazan présentera dans sa galerie rive Gauche du 27 octobre au 22 décembre 2018, douze peintures historiques d’artistes qui ont fait partie de « l’écurie » de Michel Tapié. Ce dernier a su déceler, parmi les tous premiers, cet Art dit « Autre » qui va de l’Informel à Gutaï.
De  mon  point  de  vue, le  marché  contemporain  de  l’art aura été inventé par deux protagonistes principaux dont le galeriste d’exception René Drouin aura été le trait d’union subliminal. De fait, les  relations  directes  entre  Leo  Castelli  et  Michel  Tapié  –  puisque  c’est  d’eux  dont  il  s’agit  – n’auront été que parcimonieuses ! 
 
Brièvement  associé  à  Drouin,  Castelli  aura  de  son  côté  très  largement  contribué  à  l’expansion hégémonique  des  États-Unis  qu’il  aura  gagnés  pour  s’y  réfugier  au  début  de  la  seconde  guerre mondiale. 
 
Un temps conseiller artistique de Drouin, Tapié aura lui jeté les bases d’un système marchand qui aura prévalu tant qu’il sera demeuré au service des artistes, autant dire jusqu’à une date récente à partir de laquelle, par une sorte d’inversion des normes avant l’heure, certains  artistes auront décidé de se mettre au service du système… 
 
De ce système, Un art autre – l’ouvrage que Tapié élabore en amont de l’exposition éponyme de 1952 au Studio Facchetti – sera pour toujours le manifeste. 
 
Au-delà de la notion d’informel qu’il théorise et qu’il conviendrait sans doute de préciser (voire de questionner, si nous étions historiens de l’art  – ce qu’à la galerie nous ne sommes pas !), Tapié dispose  progressivement  –  d’abord  chez  Drouin,  puis  chez  Facchetti  (Studio  Facchetti),  Larcade (galerie  Rive  Droite)  et  Stadler  (galerie  Stadler)  –  un  ensemble  de  règles  que  l’on  qualifierait aujourd’hui  de  marketing  où  l’art  aurait  vocation  à  l’international,  où  le  curator  serait  censé orienter  les  goûts  et  tisser  le  lien  entre  les  artistes,  les  marchands,  les  collectionneurs  et  les institutions, et où la publicité et les relations publiques, étayées par la publication de catalogues-
livres d’art, la scénographie et la propagation d’articles dans la presse, seraient aussi les outils de l’essentialisation du critique en tant que pierre angulaire de l’objectivation d’une création révélée et nécessairement vouée à la postérité… 
 
Objectivation ? Autant l’avouer ici, ce ne sont ni l’appareil critique de Tapié ni son style littéraire qui m’auront conduit à envisager la tenue de cette exposition… 
 
Postérité ? Sur les plus de cent quatre-vingts artistes qui auront peuplé « l’écurie Tapié » et que Juliette  Evezard  aura  recensés  pour  sa  thèse,  beaucoup  sont  aujourd’hui  sortis  des  mémoires. 
Plus, moins que d’usage ? Je ne saurais dire… 
 
Quant à la capacité de Tapié à avoir su identifier, et parfois fait émerger, quelques-uns parmi les plasticiens les plus significatifs du XXe  siècle, il me semble fondamentalement qu’il n’aura eu que très peu d’alter ego. 
 
C’est  à  ce  Tapié-là,  à  ce  « Grand  Œil »  s’il  en  est,  qu’à  travers  une  sélection  que  nous  avons ambitionnée exigeante d’œuvres d’artistes qui nous sont chers – une peinture un peintre ! –, nous avons souhaité rendre hommage. 
 
 
 
Franck Prazan 
 
Le grand Œil de Michel Tapié, 27 octobre -> 22 décembre 2018
Applicat-Prazan16 rue de Seine, 16, 75006 PARIS
Ouvert du lundi au samedi de 11h00 à 13h00 et de 14h30 à 19h00
Applicat-Prazan

16 rue de Seine 75006 Paris
Tel : 01 43 25 39 24
Mail : galerie@applicat-prazan.com

Site : Applicat-Prazan

Du lundi au samedi de 11h00 à 13h00 et de 14h30 à 19h00

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