Lee Jin Woo

Eranthis // 23 mars -> 18 mai 2019

Être absorbé par la matière, faire corps avec, y disparaître, aller ailleurs… Pour Lee Jin Woo, la création vaut méditation. Son processus de travail est long, physiquement exigeant et répétitif, comme une prière récitée maintes et maintes fois. Le regardeur, quant à lui, se trouve devant un paysage d’écorce, d’obscurité, paysage de roche ou paysage aérien quasi-transparent. Un voile semble planer, attirant mais impénétrable. L’œil s’y pose, cherche à traverser la surface pour être finalement pris dans la matière à son tour et emmené ailleurs.

Lee Jin Woo, sans titre, 86 x 161 cm, papier Hanji, pigment et charbon de bois, 2019

Dépôt de temps, d’émotion, de couleur et de lumière, les œuvres de l’artiste associent strates de papier Hanji – fin, semi-transparent – et couches de charbon de bois – matière allégée par le passage dans les flammes. Parfois s’ajoutent des pigments, surtout des bleus.

Lee Jin Woo construit un espace-temps, un monde lumière ; un univers où même les tempêtes et les brises ne font plus aucun bruit. Devant ces rectangles et carrés de matière, rustiques et raffinés à la fois, concentrés et muets, un originel universel se manifeste. Il n’y a que ce qu’il y a et il y a plus… L’homme et sa condition, ses aspirations, ses rêves, ses luttes sont là dans les strates, ensevelis entre les cailloux, dans les fentes de la roche, derrière le ciel obscur ou dissimulés par une lumière si intense qu’à cet instant, il n’existe que cela, la lumière. Par son travail aussi primitif et savant que la culture de la terre, où les sillons se creusent, se recouvrent, passage après passage, où la récolte est suivie par un labourage de plus, par les semailles, les saisons et l’Histoire, Lee Jin Woo construit, ajoute, passe, efface et recommence.

Arte povera, minimalisme, rapport au vide… L’œuvre de Lee Jin Woo s’inscrit - avec sa signature particulière - dans la tradition contemporaine coréenne. Ici l’important est le faire, avec une matière modeste, ceci en dialogue avec la nature dans la plus large acception du terme. L’héritage de la génération des artistes Dansaekwha croise ici la connaissance que possède Lee Jin Woo de l’impressionnisme et de son discours par la lumière.

Comme la petite fleur éponyme, jaune et au parfum discret, Eranthis annonce le printemps, début d’un cycle nouveau. Les tempêtes se poseront, la terre se fendra pour laisser passer les jeunes pousses, la couleur se déploiera. Petit à petit, la lumière pénètrera les creux de la roche.

 

parcours

Lee Jin Woo (né en 1959 à Séoul, République de Corée) expose régulièrement en Corée, en Chine, au Japon et en Europe. Son œuvre fait partie de la collection du Musée Cernuschi à Paris qui l’a présentée en 2015-2016 dans le cadre de l’exposition Séoul-Paris-Séoul et tout récemment dans l’exposition Escale coréenne. En 2016 et en 2017, le quotidien coréen Chosun Ilbo a accueilli dans son espace à Séoul des expositions d’envergure de son œuvre. Celle-ci y a rencontré un très grand succès. 2017 était aussi l’année de sa première exposition personnelle au Japon présentée par la BTAP Tokyo Gallery.

La Galerie Maria Lund a exposé Lee Jin Woo à ASIA NOW 2018, dans les éditions 2016 et 2017 d’Art Paris ainsi que dans les foires Art on Paper (2010-2013, Bruxelles), KIAF (2008-2011, 2015-2017, Séoul). En 2018 son œuvre a été présentée à Art Basel, Hong-Kong et Miami.

Les éditions Actes Sud ont publié une monographie dédiée à l’œuvre de l’artiste en 2016.

Parallèlement à l’exposition à Paris, la galerie Michel Soskine INC., Madrid accueille la première exposition de l’artiste en Espagne.

 

Lee Jin Woo, 23 mars -> 18 mai 2019
Galerie Maria LundGalerie Maria Lund, 75003 PARIS
Du mardi au samedi, 12h - 19h

A télécharger :

Galerie Maria Lund

48 rue de Turenne 75003 Paris
Tel : 01 42 76 00 33
Mail : galerie@marialund.com

Site : Galerie Maria Lund

Du mardi au samedi de 12h à 19h

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Publié le : 20 mars 2019

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