Mais pas du tout, c'est platement figuratif! Toi tu es spirituelle mon amour!

Exposition collective // 26 janvier -> 9 mars 2019

Jean Claracq, Cécilia Granara, Nathanaëlle Herbelin, Simon Martin, Madeleine Roger-Lacan, Christine Safa, Apolonia Sokol

Mais pas du tout, c’est platement figuratif ! Toi tu es spirituelle mon amour !*

 

 

 

Jean Claracq, Cecilia Granara, Nathanaëlle Herbelin, Simon Martin, Madeleine Roger-Lacan, Christine Safa, Apolonia Sokol

 

Des femmes-pont, des hommes amoureux, des femmes-montagnes, des mains qui volent, des ciels étoilés, des lumières rasantes… Ils sont sept peintres qui depuis dix ans parlent de pigments, de toiles et de motifs… Ils surgissent ici et là dans les tableaux des uns des autres, se relient et se délient au fil des amitiés et amours. À l’Ecole des Beaux-Arts, encouragés par François Boisrond, ils se sont apprivoisés, ont traîné ensemble, dans ces moments en creux où il ne passe rien, et où peut-être il se passe tout. 

 

    Il y a quelques mois, Nathanaëlle Herbelin, Cecilia Granara et Madeleine Roger-Lacan ont éprouvé l’envie, comme une nécessité, de montrer ces liens indéfinis et précis à la fois, ces proximités fugitives, ce groupe d’artistes qui n’en est pas un. La liste que nous avons définie ensemble aurait pu être plus large, parce que des histoires se défont, et que d’autres sont encore naissantes – ce pourrait être l’objet un jour d’une autre exposition. 

 

    L’Italie, le Liban, Israël, le Danemark, la Pologne, et puis la France et surtout Paris... Tous ont en commun d’avoir voulu venir vivre là, ou d’avoir voulu y rester, en résistant à l’appel de Londres, de Berlin ou de New York. Ils ont voyagé, expérimenté des territoires lointains. Un peu de l’esprit de Paris imprègne leurs peintures, sous des formes le plus souvent silencieuses. Faut-il y voir une forme de classicisme, le goût des vies antérieures, ou bien une acuité particulière de leurs regards sur le monde qui les entoure ? 

 

    Dans ces tableaux, les figures sont omniprésentes, parfois apparues d’un coup sous la forme de portraits des êtres familiers, parfois là dès l’origine. Dessin d’observation, rapport à la photographie, mais aussi réflexion sur le collage et la troisième dimension… tels sont les sujets qui traversent leurs œuvres dans une sensibilité commune à l’histoire de la peinture. Leurs images sont souvent baignées d’éblouissantes harmonies colorées, de celles justement dont Jacques Demy a peint ses « Demoiselles de Rochefort ». 

 

    Installées sur les tables d’un café que nous avions envahi de pages imprimées, nous cherchions un lieu : proposer cette exposition à Philippe Jousse est apparu comme une évidence, à la suite de l’exposition Affinité(s), que Sophie Vigourous avait imaginée cet automne, et qui suggérait ce que pouvait être la famille d’artistes qui constitue une galerie. Nous avons demandé à chacun de nous montrer un large ensemble de travaux ; ils ont spontanément écrit les textes qui nous avons réunis dans cette publication.

 

Ni mouvement ni école, ni chapelle ni collectif, ils partagent des regards loufoques et vagabonds sur les corps et sur les paysages qui peuplent leurs tableaux : des corps qui sont des paysages ; des paysages marqués d’empreinte ; des paysages devenus des corps... Ce sont des visions délibérément douces mais dépourvues de naïveté. Animées par le désir joyeux et le goût de l’expérience, sans céder à la séduction de la noirceur facile, elles mêlent des élans solaires et des ombres familières qui expriment à leur manière les intensités de la vie. 

 

 

Anaël Pigeat

 

 

 

 

 

 

* Jacques Demy, Les Demoiselles de Rochefort 

 
Mais pas du tout, c'est platement figuratif! Toi tu es spirituelle mon amour!, 26 janvier -> 9 mars 2019
Galerie Jousse Entreprise6 rue Saint Claude, 75003 Paris
La galerie est ouverte du mardi au samedi de 11h à 19h
Galerie Jousse Entreprise

18 rue de Seine 75006 Paris
Tel : 01 53 82 13 60

Site : jousse-entreprise.com

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