MICKALENE THOMAS

Jet: Beautés du mois // 25 septembre -> 16 novembre 2019

Mickalene Thomas, November 1971, 2019 Technique mixte 184.9 x 157.5 cm

La Galerie Nathalie Obadia est très heureuse de consacrer une troisième exposition à l’artiste américaine Mickalene Thomas, une figure essentielle de la scène artistique aux Etats-Unis qui contribue depuis ses débuts à l’affirmation de la féminité et de la culture afro-américaine, à travers des portraits et intérieurs domestiques aux mises en scène puissamment évocatrices.

La Galerie Nathalie Obadia est très heureuse de consacrer une troisième exposition à l’artiste américaine Mickalene Thomas, une figure essentielle de la scène artistique aux Etats-Unis qui contribue depuis ses débuts à l’affirmation de la féminité et de la culture afro-américaine, à travers des portraits et intérieurs domestiques aux mises en scène puissamment évocatrices.


L’artiste bénéficie d’une actualité importante marquée par plusieurs expositions personnelles : Mickalene Thomas: Femmes noires fin 2019-2020 au Contemporary Art Center de la Nouvelle-Orléans, après la Art Gallery of Ontario de Toronto, et une exposition au Bass Museum de Miami à partir de décembre prochain.

Sur fond de papiers peints vintages, l’exposition à la galerie présente un ensemble récent de peintures sur panneaux de bois et de collages sur papier, deux mediums de prédilection pour l’artiste qui manie par ailleurs la photographie, la vidéo et la troisième dimension, créant dans le cadre de certains projets de véritables environnements qui semblent directement issus de ses compositions picturales. Devenu un enjeu de représentation, le corps de la femme noire occupe ici une place centrale et fait l’objet d’une projection à la fois sociale, historique et fantasmatique, à la croisée de multiples symboles et sources d’inspiration.

Le travail de mise en scène, auquel elle s’adonne notamment lors de séances de pose photographique avec des modèles choisis dans son entourage proche, est essentiel dans l’oeuvre de Mickalene Thomas. Chaque parcelle, chaque objet, chaque tissu représenté ou chaque texture en surface contribue en effet à rendre compte d’une identité complexe qui est la sienne, par extension de l’histoire culturelle black et LGBT. C’est en effet dans des intérieurs rétros que Mickalene Thomas choisit de représenter ses muses, puisant dans de nombreuses revues vintages ou encyclopédies de design un répertoire iconographique à partir duquel elle construit ces décors sixties et seventies aux couleurs pops, patchworks d’imprimés, de photographies, d’aplats mates et de matières séduisantes, dont le dynamisme visuel rappelle le cubisme synthétique et les papiers découpés de Matisse et de Romare Bearden.

L’oeuvre de Mickalene Thomas est d’ailleurs pétrie de références à une histoire de l’art qui a longtemps nié l’influence du modèle noir, et se nourrit d’une culture visuelle commune dont elle fait le vecteur de cet empowerment black et féminin. A la fois hommage et pied-de-nez aux célèbres portraits avant-gardistes du XIXème siècle qui ont marqué aussi bien l’histoire de la peinture que l’évolution d’une société, son oeuvre reprend à son compte le potentiel érotique et sulfureux de l’Odalisque d’Ingres, de l’Olympia ou du Déjeuner sur l’herbe de Manet, questionnant les notions de canon et de beauté à travers l’histoire.

A l’origine des oeuvres présentées dans l’exposition, de nombreuses recherches préliminaires, notamment dans la revue de référence Jet, publiée à partir des années 1950 et surnommée «The Negro Bible», ou encore dans le magazine érotique Nus exotiques, également contemporain des fifties qui voient émerger le mouvement des droits civiques en faveur des Noirs américains et les prémices d’une contre-culture décisive.

Les motifs choisis par Mickalene Thomas sont découpés puis juxtaposés librement lors d’études préparatoires, au cours desquelles elle décide également des matériaux, impressions sérigraphiques réalisées dans son atelier new yorkais, peinture acrylique ou à l’huile, email, strass, dont seront ensuite composées ses peintures sur panneaux de bois. La multiplicité de ces sources et techniques insuffle aux oeuvres de Mickalene Thomas, souvent imprégnées d’une atmosphère soul, une grande vivacité. Leurs couleurs éclatantes y apparaissent souvent en contre-point de noirs et blancs au charme désuet. L’esthétique exubérante et quasi abstraite qui se dégage aussi bien des peintures que des collages, l’audace de certaines poses et le travail en découpe évoquent par ailleurs ici les photomontages dadaistes. L’aspect composite de ces portraits leur procure une véritable historicité tout en les resituant dans une sorte d’univers mental riche, inspiré et référencé. Les corps ici figurés constituent un terrain de rencontres, un faisceau de symboles entrecroisés. Ils deviennent ainsi porteurs d’une dimension politique en cela qu’ils apparaissent façonnés, à la lumière de débats contemporains, par une histoire, une culture mises en lumière, mais également par le désir vibrant de leur auteur — notons à ce titre l’importance de la peau pixellisée qui sur certaines oeuvres semble sonder au plus près l’ADN du modèle, sa couleur de peau et sa sensualité.

Consciente de faire partie d’un large mouvement qui se joue aujourd’hui, Mickalene Thomas incarne aussi au-delà de l’atelier ce combat en faveur du féminisme et de la reconnaissance des minorités qu’elle représente, par une implication quotidienne dans des rencontres, des événements, des conversations, au sein de communautés ou auprès de jeunes femmes artistes à qui elle donne régulièrement conseil.

Par une oeuvre exceptionnellement informée qui sait allier maîtrise technique et séduction visuelle, Mickalene Thomas a ainsi su s’imposer dans la lignée de grands artistes afro-américains comme une des ambassadrices actuelles de nombreux sujets sociétaux.

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Mickalene Thomas est née en 1971 dans le New Jersey, elle vit et travaille à Brooklyn (New York).

Artiste pluridisciplinaire parmi les plus reconnues sur la scène artistique actuelle aux Etats-Unis, Mickalene Thomas a participé, depuis 2003, à de nom- breuses expositions, tant au plan national qu’international. Elle est connue pour mêler références à l’histoire de l’art, politique et culture pop afin de créer des tableaux saisissants, à la fois figuratifs et non-figuratifs. Son oeuvre s’enracine dans une longue étude de l’histoire de l’art et du portrait classique. Mickalene Thomas y introduit une notion complexe de féminité, contestant ainsi les définitions habituelles de la beauté et de la représentation esthétique.

Sa première exposition personnelle d’envergure s’est tenue en 2012 au Brooklyn Museum de New York et au Santa Monica Museum of Art, en Californie. En 2016, Mickalene expose principalement aux États-Unis comme par exemple au Aspen Art Museum, ainsi qu’au MOCA Grand de Los Angeles, puis l’année suivante, au Contemporary Art Museum de Saint-Louis, Missouri, entre autres, et en 2018, au Wexner Center for the Arts à Colombus ainsi qu’à la Henry Art Gallery de Seattle (USA). L’artiste bénéficie par ailleurs d’une actualité importante marquée par plusieurs expositions personnelles : Mickalene Thomas: Femmes noires fin 2019-2020 au Contemporary Art Center de la Nouvelle-Orléans, après avoir été présentée à la Art Gallery of Ontario de Tornto, et une exposition au Bass Museum de Miami qui ouvrira en décembre prochain.
 
Elle a également contribué à un grand nombre d’expositions collectives, à l’International Center of Photography de New York, au Museum of African Diaspora de San Francisco, au San José Museum of Art, au North Carolina Museum of Art de Raleigh et au New Museum of Contemporary Art de New York. De plus, depuis 2018 son exposition Posing Modernity : The black Model from Manet to Matisse, est visible dans de nombreux musées et centres d’art comme par exemple, Gibbes Museum of Art (Caroline du Nord), Museum of Fine Arts de Salt Lake City (Utah) et Miriam and Ira D.Wallach Art Gallery de New York.

Ses oeuvres ont intégré les collections permanentes de nombreux musées américains : Art Institute of Chicago, Museum of Fine Arts de Boston, Saint- Louis Art Museum, Museum of Modern Art, Brooklyn Museum, Solomon R. Guggenheim Museum et Whitney Museum of American Art ; on les retrouve également au Detroit Institute of Arts, au Hammer Museum de Los Angeles, au Seattle Art Museum ou au Smithsonian American Art Museum entre autres.

 

MICKALENE THOMAS, 25 septembre -> 16 novembre 2019
Galerie Obadia3 rue du Cloître Saint-Merri, 75004 Paris
Lundi - Samedi 11h - 19h
Galerie Obadia

3 rue du cloître Saint-Merri 75004 Paris
Tel : 01 42 74 67 68
Mail : info@nathalieobadia.com

Site : Galerie Obadia

Du lundi au samedi de 11h à 19h

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geofield: 

Publié le : 24 juillet 2019

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