Miloslav Moucha

3 mai -> 15 juin 2018

Synthèse
Si Miloslav Moucha se déclare aujourd'hui « peintre, tout simplement », ce n'est pas sans une pointe de défi, car il sait trop bien où se trouvent les vicissitudes, mais aussi tout le potentiel expressif inhérent à ce métier.
 
    Les débuts de sa création artistique se situent dans la Tchécoslovaquie des années 1960, un pays qu'il quitte pour s'installer en France après 1968 au moment de l'occupation soviétique. Ses efforts sont couronnés de succès et il accède à la reconnaissance internationale. Ses œuvres sont présentes dans les collections les plus prestigieuses,  notamment celles du MNAM – Centre Pompidou. Nommé professeur à l’École des Beaux-Arts de Besançon en 1974, il quitte l'enseignement au début des  années 1990 pour se consacrer entièrement à son œuvre. À partir de cette époque, il est à nouveau présent sur la scène artistique de son pays natal où il est de plus en plus reconnu, « timidement » mais progressivement, à l'image des illustres artistes tchéco-français František Kupka ou Josef Šíma, dont il prolonge dignement la lignée.
 
     Dans son livre autobiographique Au fil du temps (1999), Moucha décrit, avec le recul, ses expérimentations des années 1970 : actions rituelles, « installations simples, faites de cailloux dorés, bleus ou naturels, de ficelles imprégnées du graphite », mais paraphrasés en parallèle avec des moyens plastiques descriptifs. « Je testais les possibilités offertes par le matériau plastique, comme le point, la ligne, la surface. Je me rapprochais peu à peu de la peinture classique. » Pierre Restany lui consacre en 1977 un article dont le titre antinomique « Entre présence et absence » résume bien les différentes polarités qui caractérisent les recherches formelles et les quêtes spirituelles de l'artiste. Le point, qui devient le motif principal de ses œuvres en 1978, le langage des lignes et des formes picturales et graphiques géométriques, les renvois à la magie engendrée par la rencontre en apparence fortuite entre des objets du réel et l'infini des formes et des couleurs, les natures mortes ou les paysages comme autant de clins d’œil aux genres classiques : toutes ces œuvres portent en elles une dimension de découverte, de surprise et d'une connaissance universelle retrouvée.                       
 
Bereshit, le premier mot hébreu de la Bible, est un cycle de xylographies en noir et blanc et en couleurs, de peintures et de compositions graphiques engagé par l'artiste en 1990 : « Lors de cette étrange guerre du Golfe, j'étais enfermé à Paris et gravais sur dix plaques de bois mon interprétation de la création du monde », écrit-il dans son récit autobiographique.  Ce cycle magistral aussi bien du point de vue spirituel que formel et technique, constitue un autre tournant important dans la création de Miloslav Moucha. Ses œuvres récentes, réalisées plus ou moins dans  la dernière décennie et qui figurent dans la présente exposition sont elles aussi imprégnées de ce regard « cosmogonique ». Ces œuvres non-figuratives sont, sur bien des aspects, étroitement liées à la notion du temps. Elles reflètent toute l'expérience cognitive et spirituelle de cette notion, mais aussi celle du passé visuel, la réflexion consciente et subjective des moments fondateurs de l'histoire de l'art.  Les tableaux de Moucha interpellent le spectateur, ils sont communicatifs par les seuls moyens de la peinture, dont ils semblent annoncer le renouveau. La notion de temps n'y est cependant pas suggérée par des procédés gestuels : à travers les œuvres de Moucha, c'est la création de tout un univers pictural que l'on peut retracer.
 
Markéta Theinhardt
Miloslav Moucha, 3 mai -> 15 juin 2018
Galerie Laure Roynette20, rue de Thorigny, 75003 Paris
du mardi au samedi, de 14h à 19h
Galerie Laure Roynette

20 rue de Thorigny 75003 Paris
Tel : 01 42 71 06 35
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Site : Galerie Laure Roynette

Du mardi au samedi de 14h à 19h et sur rendez-vous

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Publié le : 21 avril 2018