This is not a love song

10 mars -> 28 avril 2018

Pour sa seconde exposition personnelle à la Galerie Anne-Sarah Bénichou, et pour fêter les deux ans de la galerie, Florin Stefan continue d’explorer les thèmes qui lui sont chers : les femmes, les scènes d’intimité du quotidien, avec une douceur et une touche sensuelle, comme une chanson d’amour, mais qui dévoilent une réalité plus confuse et douce-amère. Les histoires qu’il peint divulguent une apparence et demandent à explorer un entre-deux du sens, multiplicité de l’interprétation mais également des références. Ce double registre est donné à voir dans le titre même de l’exposition : This is not a love song. A la fois réitération du fameux Ceci n’est pas une pipe, mais également référence musicale personnelle. Florin Stefan - Exposition personnelle "This is not a love song" Du 10 mars au 28 avril 2018

Pour sa seconde exposition personnelle à la Galerie Anne-Sarah Bénichou, et pour fêter les deux ans de la galerie, Florin Stefan continue d’explorer les thèmes qui lui sont chers : les femmes, les scènes d’intimité du quotidien, avec une douceur et une touche sensuelle, comme une chanson d’amour, mais qui dévoilent une réalité plus confuse et douce-amère. Les histoires qu’il peint divulguent une apparence et demandent à explorer un entre-deux du sens, multiplicité de l’interprétation mais également des références. Ce double registre est donné à voir dans le titre même de l’exposition : This is not a love song. A la fois réitération du fameux Ceci n’est pas une pipe, mais également référence musicale personnelle.

« La matière des œuvres de Florin Stefan se scinde en deux parties. L’une d’elles est une stricte corrélation avec ce que le mot « intime » inspire, tels que des visages ou parties du corps semblant peints à quelques centimètres ou mis en scène dans des lits, sur des canapés ou sous la douche. Les tons sont ceux qui constituent la chair, ceux des peaux rougies et excitées, voire bleuies par trop de caresses ou de baisers. Parfois le regard se recule et immortalise une fin de repas familial ou une réunion entre amis. Dans une autre séquence, la caméra embrasse un champ plus large pour saisir des vues de cages d’escalier ou d’immeubles, géométries et perspectives formées de blancs-ocrés, de camaïeux de gris ou de verts tendres. Ces vues témoignent des multiples scènes que l’on peut observer de manière instantanée ; autant des jeunes gens se réunissant, qu’une dame âgée entamant sa promenade quotidienne. Imminence cinématographique qui n’est pas un hasard, puisque Florin Stefan adoube le 7ème art, dont il peut s’inspirer pour faire des captures d’écran sur son téléphone portable, assumant totalement qu’un peintre dit « figuratif » a besoin d’une source d’inspiration première. « J’aime beaucoup Jim Jarmusch, mais je regarde évidemment bien d’autres réalisateurs, car une image ne se produit jamais seule. Une information ou une archive personnelle, empruntée aux nombreuses photos que je prends, est nécessaire. Mais j’aime que le cinéma fasse écho à la vie, tout en s’étant lui-même inspiré de la peinture ancienne. Il est aussi enrichissant de chercher comment passer du dynamisme de l’action, à l’image statique du tableau ou observer la manière dont la lumière peut être transformée. »

Ce lien lui permet également de mener une réflexion plus vaste sur la peinture, transfiguration d’une certaine réalité, alors qu’il s’agit concrètement d’huile et de pigments apposés sur une surface. « Quand on prend ses pinceaux, tout devient fiction et débute, pour moi, un jeu entre ce qui se montre et ce qui se cache. Il ne s’agit pas d’être trop narratif, mais de manière globale, je décris la passion humaine qui émeut chacun d’entre nous. Ce sont des prototypes. » Le sexe, l’amour, le chagrin, la mort, les échanges entre les êtres... l’ont fait revenir à la peinture. S’il peut citer William Shakespeare, Florin Stefan accepte aussi la comparaison avec les maîtres anciens. Il a toujours admiré Diego Velázquez, Edouard Manet, James Abbott Whistler ou Georges Seurat. Ainsi, il ne rechigne pas à signifier un nu sur un lit, une trilogie érotique, un chat, sa version d’une Danaé ou d’un déjeuner sur l’herbe... Sa pâte peut être vibrante, quand elle devient plus directive dans les actions contemporaines. Florin Stefan reconnaît que tous les thèmes ont déjà été traités, tandis que les artistes du passé ne se posaient pas cette question du renouvellement. Il peut même se découvrir des affinités tardives, comme avec le peintre Vilhelm Hammershoi, qui lui apparut une fois achevéenombre de ses scènes d’intérieur. Ou encore Matthias Weischer et ses constructions pops et géométriques rappelant qu’ici aussi, la figuration est empreinte de réminiscence abstraite. D’ailleurs, il assure qu’il n’a pas le temps d’être innovant dans la peinture, ne cherchant pas non plus à serévéler « spectaculaire ».

Une fois que son propos s’est imposé, il lui laisse le temps de travailler la toile, durant plusieurs mois ou très rapidement. Ce n’est pas seulement une question de format, mais de ressenti avec sa représentation. Il emploie des mots fort voluptueux pour décrire son travail, ceux de « caresser le sujet avec sa main de peintre, comme on effleure une histoire. » Puis : « Quand tu commences à créer avec la matière, tu oublies ta douleur. C’est une adrénaline et tu t’aperçois que tu as de l’amour dans les doigts. » Certains regardeurs ont pu trouver cette proximité avec les personnages des tableaux dérangeante, voire agressive. Ceux qui n’ont pas voulu se laisser glisser et amadouer. Ceux qui frémissent quand l’œuvre provoque un sentiment physique. D’ailleurs, dans cette question de mise en espace d’une image, de la classique fenêtre ouverte sur le monde, il ne s’agit plus de réalité, mais de sublimation. Il transforme le passé et rend les drames ou les déchirures plus tendres.

Peindre pour Florin Stefan, c’est se souvenir, et cet effet thérapeutique s’est révélé dès ses études. Son art ne serait alors qu’un exutoire ? Oui et non, quand on songe à cette sensualité qui épouse la toile, et comme s’il était, d’une certaine manière, plaisant de rechercher la douleur, afin de pouvoir s’accomplir dans la solitude de l’atelier. Presqu’y courir. Dans un film que l’on pourrait qualifier de « très français », par son sujet et sa mise en scène, L’Hermine de Christian Vincent, le réalisateur avait insisté sur la gestuelle du président de la cour d’assise, joué par Fabrice Luchini, avant qu’il ne rentre dans l’enceinte du tribunal. Ici, le peintre pénètre sa solitude pour donner à voir le monde. Dans ce moment uniquement focalisé sur sa relation intime à l’œuvre, il produit, avant qu’il ne se confronte, dans un second temps, à nouveau à l’extérieur, puis à notre regard critique. »

Extraits du texte de Marie Maertens écrit à l’occasion de l’exposition

 

This is not a love song, 10 mars -> 28 avril 2018
Galerie Anne-Sarah Bénichou45, rue Chapon, 75003 Paris

A télécharger :

Galerie Anne-Sarah Bénichou

45 rue Chapon 75003 Paris
Tel : 01 44 93 91 48
Mail : galerie@annesarahbenichou.com

Site : Galerie Anne-Sarah Bénichou

Du mardi au samedi de 11h à 13h et de 14h à 19h

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Publié le : 28 février 2018

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