Pia Rondé & Fabien Saleil - Œil Sauvage

solo show // 13 octobre -> 17 novembre 2018

du 13 octobre au 17 novembre 2018

L’apparition des formes plonge dans nos nuits de mémoires, ici, surgit notre imaginaire. La matière visuelle que nous attrapons ne représente que ce que nous en faisons. Nos photographies sont des représentations d’un réel transfiguré, abimé. Le tranchant du miroir coupe littéralement dessins et images. Il est le réel, c’est une agression symbolique de nos mémoires. Ces confrontations sont une forme de violence. Les strates et plis frottent, se figent dans un calme relatif mais leur teneur est brulante. Chaque geste est le résultat d’un cataclysme chimique et cérébral.

Nous pensons comme nous oeuvrons. Les matières, les forces sollicitées sont l’état de nos corps. Nous habitons un monde planifié, bâti, structuré. Nos imaginaires sont prisonniers de ces espaces, nous y plongeons en opposant la fascination de ce qui est à coté de nous, hors de nous . S’impose à nos images le hors du monde, un ailleurs que nous ne pouvons voir. La présence fabriquée est cet ailleurs, senti et vu, nous y plongeons sans état d’âme . Comme une conjugaison de mémoire, la diplopie, le double double, figent un point de vue dans un flou, les quatre yeux de nos visions fixent un monde du derrière. Derrière nos yeux, aux dos de nos mains, dans un retournement permanent.

Des fantômes surgissent du diaphane, ces squelettes ambigus aux corps de verre flottent dans le rouge profond. Ils sont oi- seaux mammifères reptiles - une ambiguïté. Leurs corps ont vécu, ce qu’il en reste est un appel à les comprendre , nous as- pirons leurs mémoires dans le reflet sang du cuivre. Ils sont une nouvelle strate figée pour un monde sans fin. Ces sacrifices ont la marque de nos aliénations, comme nos photographies, ils sont le hors de nous, nous ne pouvons que les célébrer .

Paradoxe des reflets, le metal mordu est parois. Sur les écrans caverneux se creuse lignes et plans d’un univers obsédant. Dans une relation matricielle les lignes de miroir sont le reflet de projections spatiales. L’image est entre, entre ce qui se dérobe et se vide sans arrêt.

Pia Rondé et Fabien Saleil

 

Pia Rondé & Fabien Saleil - Œil Sauvage, 13 octobre -> 17 novembre 2018
Galerie Valeria CetraroGalerie Valeria Cetraro, 75003 Paris
Galerie Valeria Cetraro

16, rue Caffarelli 75003 Paris

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