PLEASE LEAVE THIS WORLD

Exposition collective. // 14 novembre 2019 -> 1 février 2020

La Maëlle Galerie présente "Please leave this world", 3 ème volet d'un cycle d'expositions collectives orchestrées par le commissaire d'exposition Rolando J. Carmona.

Carlos MARTIEL, Stampede, photographie contrecollée sur aluminium, 100 x 70 cm, 2017

PLEASE LEAVE THIS WORLD

PAOLO CIRIO, RUBÉN D’HERS, REGINA JOSÉ GALINDO, JOHN ISAACS, CARLOS MARTIEL, JÉRÉMIE PAUL, ROSEMBERG SANDOVAL ET LE GANG, MOUVEMENT D'ART PORNO DU BRÉSIL (EDUARDO KAC)

 

Une femme frêle court désespérément, essayant d’échapper à un tank militaire qui avance vers elle ; nous ne pouvons pas fuir l’insoutenable, cela nous persécute, c'est notre ombre. Cette action troublante est l’œuvre de Regina José Galindo. Elle nous confronte à notre relation la plus intime au pouvoir, tout autant que l'artiste qui tente de se libérer de la cruauté pour se frayer un espace de liberté. C'est l'image que cette exposition cherche à construire.


Please leave this world rassemble une série d'œuvres dans laquelle l’artiste réagit avec certitude face à l'immobilité. Avec la même logique qu'un T.A.Z(1), certaines d’entre elles sont des actions furtives, des insurrections, qui apparaissent et disparaissent aussi tôt, pour ne pas être identifiés. À l’instar d’un couteau de cristal : transparent, radical et fragile, ces oeuvres ont la capacité de briser l’horreur de nos sociétés et nous rappeler qu’une autre condition peut être imaginée.

Mais dans certains cas, la porte de la prison peut aussi s’ouvrir. Imaginez-vous être à la place d’un immigré incapable d'obtenir un emploi, parce que votre visage est enregistré dans une base de données de criminels en ligne, même lorsque votre crime est aussi futile qu'une publication sur les réseaux sociaux. Obscurity est un projet hybride entre art et justice sociale, dans lequel l'artiste Paolo Cirio utilise un algorithme pour interagir avec 15 000 000 de casiers judiciaires de personnes arrêtées aux États-Unis et inscrite dans 6 “mugshot websites”. Cet artiste-hacker parvient à violer la sécurité de ces sites qui extorquent de l’argent à ceux qui veulent "effacer leurs traces" des archives photographiques du système judiciaire américain. Un acte de post-photographie qui reformule le portrait anthropométrique traditionnel.

Nombre de ces artistes pourraient être qualifiés d'utopistes ou de criminels franchissant les lignes du danger, parfois face au pouvoir officiel et parfois envers le circuit artistique lui-même. Dans sa célèbre performance Mugre de Rosemberg Sandoval ; l'artiste porte sur ses épaules un sans abri jusqu’à l'intérieur d’une galerie pour peindre littéralement le white cube avec la crasse d’un corps rendu invisible par la société. Aussi, le collectif de performance et de poésie expérimentale : Le Gang (M.A.P), qui de 1980 à 1982 activa dans les rues de Rio de Janeiro une guerrilla esthétique parvint à briser le pouvoir de la dictature militaire brésilienne en donnant une leçon à la pensée hétéronormative et à l'art orthodoxe.

Ce serait un fantasme de penser que l’art peut réellement changer l’inflexion vers laquelle l’espèce humaine est dirigée, par son ambition excessive et ses jeux de pouvoir où les corps marginaux sont de plus en plus nombreux. Mais oui, l’art véritable guérit, il peut être utile pour vivre dans ce monde plutôt que de franchir la ligne et prendre la décision de quitter cette misérable vie.

Please leave this world est une tentative d’évasion comme l’histoire d’un junkie tourmenté qui regarde par la fenêtre une belle journée ensoleillée. De cette scène se dégage une question : que faire ? Rester à sa place, chercher un beau costume qui couvrira ses blessures et attendre la mort naturelle… ou coudre des plumes sur son corps et se jeter dans le vide comme l'évoque Carlos Martiel, conscient de ne pas avoir d’ailes, mais que ce qui lui restera sera sa réalité la plus infinie et la plus fragile.

Rolando J. Carmona

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(1) T.A.Z. (Zone Autonome Temporaire) concept introduit par Hakim Bey. Des "Utopies pirates" du XVIIIe au réseau planétaire du XXIe siècle, elle se manifeste à qui sait la voir, "apparaissant-disparaissant" pour mieux échapper aux Arpenteurs de l'Etat. Elle occupe provisoirement un territoire, dans l'espace, le temps ou l'imaginaire, et se dissout dès lors qu'il est répertorié.Le terme s'est répandu dans les milieux internationaux de la "cyber-culture".  

 
PLEASE LEAVE THIS WORLD, 14 novembre 2019 -> 1 février 2020
Maëlle Galerie 1-3 rue Ramponeau, 75020 Paris
Vernissage jeudi 14 novembre 18h00 - 21h00 Du mercredi au samedi De 14h00 à 19h00
Maëlle Galerie

1-3 rue Ramponeau 75020 Paris
Mail : contact@maellegalerie.com

Site : Maëlle Galerie

Du mardi au samedi de 14h à 19h

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