Poussieres Océaniques

Louisa Marajo // 10 -> 21 octobre 2020

Louisa Marajo se définit comme peintre. Elle n’en utilise pas moins tous les mediums dans une savante transversalité propre à traduire le chaos d’un monde qui s’effondre, objet de son questionnement artistique. Son atelier même est un tableau- vivant : tout élément y a son importance et ce sont les relations qu’entretiennent les choses entre elles que l’artiste souligne. Se référant à sa propre histoire, elle mêle les temporalités et les mémoires. Tout comme elle remixe les mediums entre eux. Pour sa première exposition personnelle à la Galerie Dix9, Louisa Marajo nous entraine dans son labyrinthe pour découvrir ces «Poussières Océaniques», désastre écologique lié à la prolifération des sargasses.

L’histoire personnelle de Louisa Marajo se reflète dans son œuvre. Née en Martinique, elle quitte son île à dix huit ans pour étudier à l’Ecole Supérieure d’Art et de Design de St Etienne puis à la Sorbonne où elle obtient un Master 2 Art de l’image et du vivant. Entre temps, elle a suivi la classe de Silvia Bächli à la Kunstakademie de Karlsruhe en Allemagne. Ce parcours nourrit un imaginaire toujours en mutation. L’artiste aime envahir un lieu en y ajoutant progressivement des images de ce qu’y a pu s’y passer avant, comme autant de strates qui s’accumulent et questionnent : comment résister aux flux qui nous entourent, à cette désorientation tant visuelle que sociale.

Mutation qui se traduit aussi dans la forme, parfois énigmatique, où le recyclage parait le maître mot : de l’utilisation de matériaux souvent récupérés de précédents travaux (bois, toile, papier, débris), l’artiste crée des mediums indéfinis et imprévisibles : dessins ou texte surphotographie, transfert de photos sur toile, palettes ou pinceaux devenant support de peinture, sculpture à partir de fragments, peinture ou toile peinte sur sculpture. Une photographie gurant un tas de sargasses, mais dont l’image est fortement altérée par un effacement au scotch, devient le champ d’un dessin à la mine de plomb où une sargasse semble surgir du tas (Atmosphère).

Depuis 2018, Louisa Marajo s’intéresse au désastre écologique que représente la prolifération de sargasses dans la mer des Antilles et ailleurs. Ces algues s’accumulent sur les plages et dégagent des gaz toxiques, provoquant multiples dégâts économiques et sociaux. L’artiste associe ce fléau au chaos plus architecturé crée dans son atelier dans une réflexion autour des conséquences de l’anthropocène: comment créer avec les restes de l’activité entropique humaine. C’est ainsi que des palettes récupérées dans la rue deviennent support de peinture ou de sculpture (Dream Pallet 2), voire d’échafaudages. Les sargasses elles-mêmes sont peintes ou dessinées sur papier (Mega Sargassum) ou sur photographie (Atmosphère). Une installation in situ, dans l’espace de la galerie, rend compte de ce chaos organisé. Un tel remixage du chaos, avec ses flux et ses reflux, révèle toute la pertinence d’une approche artistique singulière propre à rendre compte de ces poussières anarchiques qui polluent l’océan.

Poussieres Océaniques , 10 -> 21 octobre 2020
Galerie DIX919, rue des Filles du Calvaire - M° Filles du Calvaire, 75003 Paris
10 octobre - 21 novembre 2020 Vernissage samedi 10 octobre / 17h-21h
Galerie DIX9

19 rue des Filles du Calvaire 75003 Paris
Tel : 01 42 78 91 77
Mail : info@galeriedix9.com

Site : Galerie Dix9

Du mardi au vendredi de 14h à 19h, le samedi de 11h à 19h

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Publié le : 24 septembre 2020