Réversibilité Photographique

11 octobre -> 16 novembre 2019

Pour sa troisième exposition personnelle à la Galerie Dix9, l’artiste questionne des objets photographiques résultant de techniques aujourd’hui obsolètes, tels que des diapositives ou des tirages en noir et blanc repeints à la main. A la fois analytique et empathique, sa démarche introduit ces objets du XXeme siècle dans le temps présent. En soulignant leurs qualités esthétiques et poétiques à travers l’idée de «ruines photographiques» ou même de «photographies photogéniques», Riemer donne une nouvelle dimension à l'usage de la photographie.

Par une reproduction en très haute définition et un agrandissement extrême du format, Sebastian Riemer met en lumière la source première de la diapositive et toutes les strates de temps qu’elle a accumulé dès lors, révélant ainsi ce que nous ne pouvions pas voir. Il apparait que les images des diapositives ne proviennent pas directement des œuvres d’art. A regarder la grille d’impression et les points colorés, il s’agit plutôt de reproductions à partir de livres ou imprimés.En outre, l’image reproduisant des œuvres d’art d’une part (Composition de Mondrian, Oiseau de Brancusi, Narcisse du Caravage, Chuck Close...) les annotations inscrites sur les bords blancs d’autre part (légendes des œuvres d’art, voire leur fichier source) témoignent de l’utilisation manifeste de ces diapositives pour illustrer des cours d’histoire de l’art.

 

L’analyse de l’objet permet d’en révéler l’origine et la fonction. La dernière série de Riemer, montrée pour la première fois, porte sur les diapositives, technique obsolète aujourd’hui remplacée par des projecteurs numériques ultra performants pour la qualité de l’image rendue, mais aussi d’une grande simplicité d’emploi – point n’est besoin d’une pièce plongée dans l’obscurité. Néanmoins, un fichier numérique est immatériel, alors qu’une diapositive est un objet. Un objet qui contient une histoire et qui rend compte de l’Histoire. Ce qui en fait tout son attrait pour l’artiste.

Par une reproduction en trés haute définition et un agrandissement extrême du format, Sebastian Riemer met en lumière la source première de la diapositive et toutes les strates de temps qu’elle a accumulé dès lors, révélant ainsi ce que nous ne pouvions pas voir. Il apparait que les images des diapositives ne proviennent pas directement des œuvres d’art. A regarder la grille d’impression et les points colorés, il s’agit plutôt de reproductions à partir de livres ou imprimés. En outre, l’image reproduisant des oeuvres d’art d’une part (Composition de Mondrian, Oiseau de Brancusi, Narcisse du Caravage, Chuck Close...) les annotations inscrites sur les bords blancs d’autre part (légendes des œuvres d’art, voire leur fichier source) témoignent de l’utilisaton manifeste de ces diapositives pour illustrer des cours d’histoire de l’art. De la même manière que le monde visible est projeté sur notre rétine, les diapositives sont vues ici à l’envers. C’est dans cette direction qu’elles doivent être insérées dans l’appareil pour présenter une image verticale.
Les photographies de Riemer suggèrent que l’image de la diapositive, elle
même conteneur d’image, a des qualités presque surréalistes, telles que l’incertitude de ce que nous regardons réellement. L’évidence s’estompe à mesure que les inscriptions manuscrites deviennent énormes et perdent en quelque sorte leur lisibilité. La mauvaise qualité des reproductions d’art devient manifeste puisqu’elle ne provient pas d’œuvres d’art mais de reproductions imprimées.

Entre les mains de l’artiste, la diapositive est plus qu’un document historique, une archive, ou un outil pédagogique. Elle est en réalité un nouveau support d’expression. Prendre ces diapositives en photographie devient pour Sebastian Riemer un geste qui interroge le statut unique de l’œuvre. Il produit une image (ses photographies) à partir d’une image (la diapositive) qui est elle-même une reproduction prise dans un livre d’une œuvre déjà existante. La mise en tension de ces différentes couches et l’attachement que Riemer porte au problème de la stratification sont ses entrées privilégiées pour revenir sur l’insoluble problème de la perte de l’aura. En l’espèce, l’empilement sur lequel l’artiste travaille et le choix de diapositives extraites d’un cours d’histoire de l’art renvoient directement au problème de la superposition des savoirs et de la transmission qui lie étudiant et professeur, artiste et regardeur, artiste et disciple. Aujourd’hui, Sebastian Riemer renouvelle l’approche objective de la photographie : la seule image ne suffit plus, il dépasse le cadre, il en passe par l’épaisseur d’art.

Réversibilité Photographique, 11 octobre -> 16 novembre 2019
Galerie DIX919 rue des Filles du Calvaire, 75003 Paris
mardi au vendredi 14h - 19h, samedi 11h - 19h
Galerie DIX9

19 rue des Filles du Calvaire 75003 Paris
Tel : 01 42 78 91 77
Mail : info@galeriedix9.com

Site : Galerie Dix9

Du mardi au vendredi de 14h à 19h, le samedi de 11h à 19h

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Publié le : 18 octobre 2019

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