Sépànd Danesh

Moi, mon aigle et mon serpent // 12 mars -> 18 avril 2020

Apocalypse, 2020. Acrylique et spray sur toile. 190 x 130 cm

En persan, le mot konj-kav (traduit littéralement par creuser le coin) signifie curieux. Sépànd Danesh creuse le coin depuis bientôt une décennie en le représentant en peinture par l’encoignure verticale de deux murs, sans sol ni plafond. Pour sa nouvelle exposition à Backslash, les motifs qui ornaient ses coins laissent la place à de curieux personnages dont on a le sentiment de connaitre l’attitude ou de ressentir l’état d’âme. Ses personnages sont atomisés de fragments toujours identiques (petits pixels en volume) qui n’est pas sans rappeler le poème persan de Saadi (XIIIe siècle) :

 

Les hommes sont membres les uns des autres, 

et tous créés de même matière. 

Si un membre est affligé, 

les autres s'en ressentent. 

Qui n'est pas touché du mal d’autrui, 

ne mérite pas d’être appelé homme.

 

Cette stylisation par des cubes peut être comparée aux recherches des peintres pointillistes du début du XXe siècle. En effet, lorsque le tableau pointilliste est regardé à une certaine distance, les points de couleurs ne peuvent être distingués les uns des autres et se fondent visuellement les uns aux autres. C'est ce principe qui a permis, plus tard, de créer l'image numérique matricielle et qui a fait du pixel son unité de base, son plus petit fragment. Avec Sépànd Danesh, nous sommes dans l'infiniment petit de par la pixellisation des personnages mais également dans l'infiniment grand de par l'universalisation des sentiments humains.

 

Il explique : « Dans ma pratique, j’essaie d’aborder la question (…) en utilisant le pixel dans sa forme ontologique, comme un objet de réflexion imaginant des combinaisons et variations toujours nouvelles. »

 

Pour sa troisième exposition à Backslash, Sépànd Danesh fait du coin un livre ouvert et propose une relecture d'Ainsi parlait Zarathoustra de Nietzsche. Moi, mon aigle et mon serpent retrace les aventures d’un voyageur solitaire, perché dans les montagnes de l’émerveillement pour qui tout est éternel retour et métamorphose. L’amour de ce voyageur, mi-bête mi-surhomme, pour la nature aride et désertique fait de l’aigle et du serpent de formidables compagnons. L’aigle est fier et le serpent est rusé. L’un a l’œil aiguisé, défie l’apesanteur et habite les sommets ; l’autre a le baiser mortel, change de peau et connait les entrailles de la Terre.  

 

Sépànd Danesh décortique à l'extrême les personnages qu'il met en scène et plus précisément les attitudes et les émotions de l'être humain en général. Cette exposition s'échafaude comme le génome séquentiel des individus et de leurs affectations, leurs humeurs. Sculptures et peintures déploient ainsi des personnages étranges dans des positions aisément reconnaissables, à travers un répertoire de sentiments humains.

 

Sépànd Danesh est diplômé de l'École Nationale Supérieure des Beaux-Arts (ateliers de Giuseppe Penone et de Philippe Cognée). Son travail a été exposé dans le monde entier, notamment aux Etats-Unis, en Belgique, à Dubaï, en Iran ou encore au Maroc. Ses œuvres font partie de collections prestigieuses, dont celles du Fonds National d'Art Contemporain, du FRAC Poitou Charentes, de la Collection Société Générale ou encore de la Fondation Colas. Il réalise régulièrement des résidences et des performances, notamment au Mac/Val où il a également exposé des œuvres de cette nouvelle série.

Sépànd Danesh, 12 mars -> 18 avril 2020
Backslash29 rue Notre-Dame de Nazareth, 75003 Paris
Mardi - Samedi : 14h à 19h \\ vernissage le jeudi 12 mars de 14h à 21h
Backslash

29 rue Notre-Dame de Nazareth 75003 Paris
Tel : 09 81 39 60 01
Mail : info@backslashgallery.com

Site : Backslash Gallery

Du mardi au samedi de 14h à 19h

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Publié le : 7 février 2020

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